Rassemblement d’allaitement au Centre Eaton

Une femme se fait exclure de l’espace public parce qu’elle allaite. Oui, encore une autre…

Les femmes allaitantes demeurent soumises à des contraintes dans les espaces commerciaux tandis que le reste de la population retrouve peu à peu leurs libertés d’avant la pandémie. Encore cette fin de semaine, une femme a dû quitter un centre commercial pour nourrir son bébé parce que des membres du personnel lui intimaient de cesser d’allaiter.

Isabelle Côté attendait sa sœur devant un magasin du Centre Eaton, à Montréal, quand elle s’est posée sur un banc pour allaiter. Une gardienne de sécurité l’a alors interpellée et a insisté pour qu’elle se dirige vers une salle d’allaitement. Bien au fait du droit d’allaiter dans l’espace public, Mme Côté a revendiqué son droit, notamment auprès d’un superviseur du centre commercial. Mais rien n’y a fait : les membres du personnel ont campé sur l’idée qu’elle ne pouvait allaiter que dans la salle d’allaitement en raison des directives administratives.

Mme Côté considère inconcevable de passer sous silence ce type de traitement injuste et dommageable. Elle a déposé une plainte auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et demande que le centre commercial s’engage à ne plus brimer les familles. « C’est tout simplement de la discrimination basée sur le genre », affirme-t-elle.

Par solidarité et en guise de protestation contre cette politique, un groupe de mères on créé un évènement Facebook pour se rassembler et d’allaiter leur bébé, ce dimanche 27 mars à 14:00 au Centre Eaton

L’allaitement, une façon naturelle de répondre aux besoins d’un tout-petit.

Au Québec, 90 % des femmes amorcent l’allaitement à la naissance de leur enfant, mais seulement 8 % allaitent jusqu’au moment où elles l’avaient prévu. Le manque de respect face à l’allaitement dans l’espace public est l’une des barrières à cette pratique. « L’allaitement n’est pas un geste impudique destiné au public avoisinant, mais une façon naturelle de répondre aux besoins de l’enfant », rappelle Raphaëlle Petitjean, directrice du Mouvement allaitement du Québec (MAQ). Ce que reconnaît d’ailleurs la jurisprudence au Québec.

Les salles d’allaitement sont là pour les dyades mères-enfants qui ont besoin d’intimité, mais aucune personne ne devrait être contrainte à les utiliser. « L’allaitement ne devrait jamais nuire à qui que ce soit, insiste Mme Petitjean. Il ne devrait pas être un facteur d’isolement ou une barrière à la pleine participation sociétale ».

À propos de l’auteur: QcScoop

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