Au tour de Catherine Ethier, de partager un témoignage contre son ex-conjoint Fred Dubé

On vous annonçait un peu plus tôt que l’humoriste Fred Dubé avait répliqué aux accusations d’agression à son égard, mais voilà que son ex-conjointe Catherine Ethier a décidé, bien malgré elle, de donner sa version des faits via une publication faite sur Facebook, que voici :

« Le texte que je m’apprête à écrire, j’ai toujours refusé de l’écrire. Je ne le fais pas sous supervision d’une équipe de relations publiques; c’est une introduction étrange, mais c’est très important pour moi d’être très claire à cet effet. Je ne suis pas une opération de relations publiques. Je suis un être humain que les événements récents forcent à sortir, elle aussi, publiquement pour dénoncer son agresseur.

J’ai toujours refusé de le faire, parce que pour moi, dénoncer ce que j’ai vécu était trop douloureux. Ça l’est encore. Forcer une personne à raconter son histoire publiquement est un acte d’une très grande violence. Je ne vous dois absolument pas mon histoire. Elle m’appartient. Comme elle appartient à chaque victime. Je le fais aujourd’hui parce que je sens que je n’ai pas le choix. Que je dois des explications aux gens qui me faisaient confiance et qui sont aujourd’hui déçus de lire les informations qui ont été partagées à mon égard hier, liées aux allégations d’agression sexuelle de Fred Dubé.

Je suis l’ancienne conjointe de Fred Dubé. Nous avons officiellement été 4 ans ensemble. C’est un homme que j’ai aimé profondément. C’est d’ailleurs la raison principale pour laquelle j’ai eu tant de mal à le quitter. Je l’ai quitté à de nombreuses reprises. Je suis revenue à autant de reprises, moins une. Je suis revenue quand j’aurais dû partir. J’y ai perdu des amis. Je me suis isolée de mon filet de sécurité. J’ai déçu beaucoup de proches. J’ai eu très honte. J’apprends d’ailleurs toujours à vivre avec cette honte qui ne devrait pourtant pas m’appartenir ni m’habiter. J’ai vécu dans la peur de nombreuses années. Même jusqu’à aujourd’hui. Au cours de cette relation, Fred Dubé m’a agressée sexuellement. Il m’a menacée physiquement, sans jamais me frapper. Ces gens-là savent quand arrêter le poing. J’ai vécu de la violence psychologique, verbale, sexuelle. Je ne compte plus les humiliations qu’il m’a fait subir, dans la sphère privée comme publique. Les trahisons. Il m’a aussi menacée, une fois, de nous tuer tous les deux.

Fred Dubé m’a été infidèle à de nombreuses reprises, dont un épisode avec sa victime, qui a hier rédigé sa dénonciation sous Dis son nom. Je connais l’existence de cette personne depuis 2018. Elle est venue vers moi pour me prévenir que mon conjoint de l’époque, Fred Dubé, avait eu une aventure avec elle. Nos échanges se sont essentiellement arrêtés là avant qu’elle me bloque de toutes ses plateformes. Je n’ai pas quitté Fred Dubé tout de suite. Habituée à l’humiliation, à passer l’éponge, aux torsions gastriques à la moindre évocation de son nom de la bouche d’une personne qui venait me prévenir que mon chum avait des comportements toxiques, j’ai d’abord absorbé le choc. On ne réagit pas toujours rapidement, dans ces situations-là.

C’est important pour moi de souligner, malgré la délicatesse de la situation, que la victime ne m’a pas d’abord écrit pour accuser Fred Dubé de viol. Elle avait sans doute besoin d’accuser le choc elle aussi. Elle n’avait pas de compte à me rendre non plus. Son histoire lui appartenait et lui appartient toujours.

Sa dénonciation pour agression sexuelle est venue à mes oreilles quand elle a écrit aux divers employeurs et amis de Fred Dubé pour les prévenir qu’ils côtoyaient un agresseur, quelques mois après que cette personne m’ait écrit pour m’informer que j’étais cocue. J’ai, à ce moment, quitté Fred Dubé. Je n’ai pas coupé tout contact avec lui parce que les relations toxiques sont complexes. Mais j’ai fini par couper les ponts

À aucun moment, je n’ai tenté de contacter ou dissuader cette personne de dénoncer Fred Dubé. C’est son droit le plus strict. Et j’ai beau retourner ça de tous les côtés, j’aurais été profondément tarte de tenter de la faire taire, étant donné ma position, ma posture publique, mes valeurs et ce que je défends presque chaque semaine à la radio. Empêcher quelqu’un de dénoncer est l’affaire la plus imbécile que j’aurais pu faire de ma carrière. Je ne suis peut-être pas parfaite, mais je ne suis pas épaisse.

J’ai appris que Fred Dubé aurait, en 2018, raconté à cette personne que nous (lui et moi) étions allés au poste de police pour dénoncer la présumée victime et tenter de la faire taire. C’est faux. Fred Dubé est allé seul au poste de police, est allé seul faire sa déposition, s’est organisé seul avec SES problèmes.

Près d’un an plus tard, le 2 décembre 2019, j’ai croisé la victime sur la rue, près du métro Laurier. Sur le coup, je ne l’ai pas reconnue parce que je ne l’avais jamais rencontrée. Je savais vaguement à quoi elle ressemblait. Elle était très agitée (je comprends aujourd’hui pourquoi, je ne le précise que pour le contexte), elle m’a accusée de défendre un agresseur, d’avoir fréquenté un agresseur, a souligné que tout le monde savait à quel point mon ancien conjoint me malmenait, m’a méprisée, tout y est passé, de mon physique à mon travail. Ça a été quelques minutes très difficiles. Inattendues. Je ne me souviens pas à la virgule près du verbatim de cet échange où je n’ai bien honnêtement pu placer que quelques mots, mais j’étais évidemment sur la défensive. J’ai eu peur pour ma sécurité. Je ne connaissais pas cette femme. Elle criait et les propos dont elle m’invectivait étaient sans appel. Je comprends mieux sa posture en sachant aujourd’hui que Fred Dubé lui-même lui avait raconté que nous étions allés ensemble au poste de police pour porter plainte contre elle. Je ne possédais pas cette information à ce moment-là. Je peux maintenant comprendre la trahison qu’elle a pu ressentir et l’urgence de venir me parler en m’apercevant. On ne réagit pas toujours parfaitement, en situation de stress.

Je rédige ce très long message sans doute décousu, parce que je refuse de payer le prix pour Fred Dubé. J’ai déjà assez payé, toutes ces années. Je refuse qu’il entache qui je suis. Je refuse qu’il piétine mes valeurs. Je refuse d’être entraînée dans le bourbier dont il est l’unique responsable. Et je lui en voudrai pour le reste de mes jours d’être la cause du bris de confiance de femmes qui auront lu le message de sa victime et qui, peut-être, entretiendront un doute à mon égard pour longtemps. Je les comprends. C’est ce qui me blesse le plus.

Fred Dubé s’est servi de moi et tente toujours de se servir de mon image et de mon nom pour se blanchir d’une situation dont il est le seul artisan. Je ne paierai pas pour ça. Je ne paierai plus pour sa violence, qui, même quatre ans après notre rupture, continue de faire son œuvre, à distance.

J’encourage et encouragerai toujours toutes les personnes victimes d’agression sexuelle à dénoncer leur agresseur. Je les encourage aussi à choisir la voie qui leur est salutaire. Et cette voix peut tout aussi bien être le silence. Personne ne doit son histoire à quiconque.

Je ne répondrai d’ailleurs à aucune question sur le sujet. Ce message, je l’écris parce que je sens que je n’ai pas le choix. Ma vie personnelle m’appartient, les traumatismes que j’ai vécus ces dernières années, aussi. Je suis épuisée. Mais je continuerai de prendre parole au nom des femmes, des victimes, des allié.es.

Je suis devenue marraine du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale pour guérir mes blessures. Parce que ces femmes m’ont sauvée. Je n’évoque pas ce rôle pour me cacher derrière ma vertu. Je trouve ça d’ailleurs gênant de le mentionner dans ce texte; je sais de quoi ça peut avoir l’air. Je sais aussi, et c’est normal, que certain.es se demanderont pourquoi est-ce que je n’ai jamais dénoncé. D’abord, parce que c’est mon droit. Mais aussi parce que défendre les femmes est ma façon de guérir. D’apaiser ma souffrance. C’est la voix que j’avais choisi d’emprunter, même si je culpabilisais de ne pas, moi aussi, dénoncer mon agresseur. Mais voilà. Je le répète, dénoncer n’est pas une obligation. Je vivais parfaitement bien avec le droit au silence sur mon histoire personnelle et c’est le chemin que j’avais choisi d’emprunter. Pour me réparer autrement.

Alors voilà. Je ne suis pas certaine d’avoir parfaitement fait le tour de tout, rien ne nous prépare à ça. Mais je crois avoir dit l’essentiel. L’essentiel que je considère publiquement important en cette date précise. Le reste m’appartient.

Je termine en resoulignant que la personne qui est sortie publiquement contre mon ancien conjoint est et a toujours été libre de dénoncer Fred Dubé. Je comprends que cette opération a dû être terrifiante. Humiliante. Je comprends aussi son interprétation de la situation et le temps que ça a pris pour en parler publiquement. Personne n’est tenu de respecter l’horaire de la parfaite victime. Moi incluse. On fait ce qu’on peut. Et c’est rough en esti.

Merci beaucoup de m’avoir lue,

Catherine »

Ce sera certainement une affaire à suivre.

Source : Facebook

À propos de l’auteur: QcScoop

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